PACS : déjà 10 ans et encore tellement à faire !

Publié le par David REY

               Il y a tout juste 10 ans, en octobre 1999, le Pacte civil de solidarité était adopté par la majorité gauche plurielle de l’époque par 315 voix contre 249. Ce débat fut un des plus importants de la 11e législature et fut marqué par une mobilisation de la droite extrêmement importante qui démontra alors son ultra-conservatisme.

 

Aujourd’hui, plusieurs personnalités de droite se disent favorable au PACS, et nous ne pouvons que saluer cette évolution. Mais qu’en était-il lors des débats de 1998 – 1999 ? Quid de MM Sarkozy – aujourd’hui Président de la République, Fillon – aujourd’hui Premier ministre, Accoyer – aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale, Devedjian – aujourd’hui Ministre de la relance, Bayrou – qui tente aujourd’hui de nous faire croire qu’il est devenu de gauche ou presque, ou encore de Mme Boutin – ex ministre du logement de Sarkozy et de l’ensemble de l’UDF et du RPR ? Ils se sont tous opposés au cours d’une bataille acharnée.

Mme Boutin s’illustra particulièrement en brandissant la Bible dans l’hémicycle et en lançant à Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux d’alors, « Vous feriez mieux de lire la Bible ! Ca vous changerait ! ».  C’est cette même Mme Boutin, qui, désignée par la droite pour porter sa parole lors de la motion de procédure,  dénonce le PACS comme voulant « ériger l’homosexualité en norme légale », rajoutant que l’homosexualité signifie « l’impossibilité d’atteindre l’autre dans sa différence sexuelle » et finalement d’ajouter que « les seules civilisations qui l’ont reconnue ont connu la décadence ». Voilà la pensée de la droite résumée par Mme Boutin. Jacques Myard, aujourd’hui député UMP, n’hésite pas à déclarer « Il y a aussi les zoophiles » et Pierre Lelouche de renchérir « C’est le cirque Pinder », n’hésitant pas à assimiler homosexualité, zoophilie, et parfois même pédophilie. Nicolas Sarkozy lui-même ne fait-il pas partie des leaders de la manifestation des élus de droite anti-PACS en compagnie de Philippe De Villiers place des Invalides ? Manifestation dans laquelle on peut lire le slogan « Satan l’a rêvé, Jospin l’a fait ». Seule Roselyne Bachelot à droite,  et dont il faut saluer le courage, est montée à la tribune pour se dire favorable au PACS en déclarant « ils et elles (les homosexuels) ne veulent ni le dégoût des saintes nitouches ni la commisération des dames patronnesses »,  ce qui lui vaut dans son camp quelques déconvenues.

 

Lors  des débats sur le PACS, c’est le vrai visage de la droite que l’on a pu voir. Cette droite, véritable chantre du conservatisme, dénonçant dans le PACS un danger pour le mariage et la famille. Cette droite qui s’opposa à la dépénalisation de l’homosexualité ou à l’interdiction de la peine de mort.

 

Quel bilan pour le PACS 10 ans plus tard ? A-t-il remis en cause le mariage et la famille ? Nullement. Le nombre de mariages est même en augmentation ! A-t-il fait sombrer la société française dans la décadence ? Pas d’avantage. A-t-il était un « mariage gay » ? 7 PACS sur 8 sont signés par des hétérosexuels. 

 

En revanche, le PACS a permis à des couples qui auparavant n’existaient pas aux yeux de la société, d’afficher leur amour dans un pays plus tolérant et une nation qui les reconnaissait. Il a permis à des couples de même sexe de pouvoir léguer ses biens au dernier vivant. Bref, il a tout simplement permis à des couples que la société ne reconnaissait pas, d’avoir une existence légale.

 

Le PACS s’inscrit dans la longue marche de l’égalité des droits et est, à ce titre, une des avancées significatives permise par le gouvernement Jospin et sa majorité gauche plurielle. Mais qu’ont fait les gouvernements suivant, tous de droite, pour tendre vers l’égalité réelle des droits ? Rien. Et les promesses de M. Sarkozy en 2007 en ce sens ? Pas de nouvelles, mais cela n’est pas étonnant de la part de celui qui dénoncé déjà le PACS en 1999. Toutes les avancées sociales et sociétales ont été le fruit de la gauche. Il n’y a donc rien à attendre de ce gouvernement qui se défend de tout conservatisme mais qui au fond, n’est pas différent des autres gouvernements de droite que la France a connus.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article